À l’occasion de son dernier bilan financier, Netflix a confirmé avoir accéléré son utilisation de l’IA générative en post-production, avec près de 300 programmes déjà concernés.
À une époque où les plateformes de streaming se multiplient le temps de le dire, il est indéniable que la concurrence se veut de plus en plus rude dans le secteur de la SVOD. Pour pouvoir tirer son épingle du jeu, chacun y va donc de sa propre stratégie, en misant notamment sur de forts programmes originaux couplés à un rythme de sorties aussi fourni que possible. Mais de son côté, Netflix n’hésite pas à aller encore plus loin en recourant à l’IA générative, de sorte à produire « des contenus de meilleure qualité, plus rapidement et plus efficacement ».
Netflix confirme avoir utilisé l’IA générative sur 300 programmes
C’est tout du moins en ces termes que Ted Sarandanos, co-PDG de Netflix, a présenté les choses à l’occasion du dernier bilan financier de la compagnie, où il a révélé que près de 300 programmes du catalogue avaient déjà bénéficié de ce traitement. « Nous utilisons l’IA générative pour les plans et les séquences vraiment complexes… Pour enrichir les scènes de foule ou les scènes de batailles historiques, ce genre de choses », a-t-il notamment précisé, en confirmant au passage que Netflix y a essentiellement recours en post-production.
« Et n’oubliez pas que dans de nombreux cas, les productions auraient dû renoncer à ces plans clés, tout simplement parce qu’elles n’auraient pas eu les moyens de les réaliser », ajoute-t-il pour plaider leur cause. « C’est donc la disponibilité et l’accès à ces outils d’IA générative qui leur ont permis de s’en sortir ». Cela suffira-t-il à convaincre les plus réfractaires à cette technologie ? Pas le moins du monde, probablement. Mais Sarandanos insiste pourtant là-dessus : les cas d’utilisation de l’IA « se multiplient de plus en plus vite ».
La compagnie se défend en parlant d’un « cercle vertueux »
À titre d’exemple, le co-PDG de Netflix n’hésite d’ailleurs pas à citer le cas de The American Experiment : Une nation à l’épreuve du temps, une série documentaire sortie le 24 juin dernier sur la plateforme, qui a justement eu recours à 17 minutes de plans boostés à l’IA, « produits deux fois plus vite et pour la moitié du coût des précédentes options ». Ce qui devrait, par conséquent, permettre à Netflix de réinvestir les économies réalisées dans de futurs programmes, de sorte à stimuler l’engagement et alimenter « le cercle vertueux des recettes et des bénéfices ».
Notons que l’accélération de cette stratégie, que la compagnie semble avoir commencé à mettre en place l’an dernier, s’inscrit dans un contexte où Netflix se prépare à une légère baisse de son chiffre d’affaires pour le troisième trimestre. Mais rien qui ne soit trop alarmant, en réalité, puisque ce dernier bilan fut l’occasion pour la compagnie de confirmer des résultats conformes à ses attentes pour le deuxième trimestre, où elle a réalisé 12.56 milliards de chiffres d’affaires et enregistré un résultat net de 3.4 milliards de dollars.